La résurrection,

événement dans le style de la vie de Jésus

 

Que savons-nous de la résurrection du Christ ? Aucun évangéliste n'en a fait le récit. Nous passons toujours du vendredi saint, après la crucifixion au tombeau vide qui s'offre à la vue des femmes, au matin du premier jour de l'autre semaine. Pourquoi un événement aussi fondamental que la victoire du crucifié est-il soumis à pareille discrétion ?

Il faut le reconnaître : toute la vie du Christ est placée sous le signe de la discrétion. Sa naissance est passée inaperçue. Nous ne savons pas grand chose de son enfance et de son adolescence. Nous ignorons une grande partie de sa vie d'adulte. Et voilà que cet homme, que l'on prenait pour le fils du charpentier de Nazareth, se relève d'entre les morts... et c'est encore la plus grande discrétion...

Jésus se relève d'entre les morts, sans que personne ne s'en rende compte immédiatement. Ce n'est qu'au petit matin, bien après l'événement lui-même que quelques femmes prennent conscience de ce que Jésus leur avait dit.

Tout cela se situe bien dans le « style » de Jésus qui n'a jamais contraint personne à croire ne lui. Ceux qu'il rencontrait étaient toujours libres de se déterminer, il laissait à chacun le temps de le reconnaître : tout au plus leur faisait-il signe. Ce respect de la liberté de l'homme, c'est le respect de l'amour, celui de Dieu qui s'offre sans contrainte et sans restriction.

Dieu fait confiance aux hommes : aucun écrit ne s'impose à nous, aucune preuve non plus. Nous ne pouvons apporter aucune preuve de la résurrection du Christ. C'est sur le témoignage des femmes et des apôtres que repose l'annonce de la résurrection. Nous pouvons toujours rester incrédules devant le tombeau vide, mais cela ne rimerait à rien.

La vraie vie, c'est d'annoncer que la mort a été vaincue. La vie, c'est de savoir que nous sommes enfants de Dieu et que nous serons semblables au Christ ressuscité. Voilà notre foi et notre espérance.